MC Martyre se définit avant tout comme un amoureux du boom bap et revendique un attachement particulier aux sonorités East Coast, tout en gardant aujourd’hui un certain intérêt pour la drill. Son rap navigue entre écriture consciente et introspection, avec la possibilité d’adopter une approche plus technique lorsque le morceau l’exige.
Il aime se définir comme un « MC tout-terrain », capable de poser aussi bien sur des flows rapides que plus lents. Son écriture est instinctive mais accorde une grande importance à la construction des textes, aux rimes, aux métaphores, aux images et aux références. Histoire, politique et amour des mots constituent une part essentielle de son identité artistique.
Deux sujets traversent particulièrement ses textes : ses propres démons et la politique. À travers eux, Martyre cherche autant à transmettre des émotions brutes qu’à porter un discours revendicatif et à provoquer une réflexion. Son message actuel pourrait se résumer par une invitation : « Peuple, réveille-toi. »
Ses influences dépassent largement le rap. S’il cite Lino comme une référence majeure, ainsi que Sinik et Kery James, son univers se nourrit également de rock, de blues, de soul, de jazz et de musique classique. Aujourd’hui, il écoute d’ailleurs beaucoup moins de rap qu’auparavant et se tourne volontiers vers des artistes comme Saez ou vers des univers plus tribaux tels que Wardruna.
Son processus d’écriture commence généralement par l’instrumentale. Lorsqu’une production lui parle, un thème ou un freestyle peut apparaître immédiatement. Le principal obstacle reste alors de trouver la première mesure : une fois celle-ci posée, l’écriture se déroule généralement de manière naturelle.
Pour Martyre, l’authenticité est fondamentale. Il refuse l’idée de construire un personnage ou de s’inventer une vie pour correspondre aux codes du rap. Son approche reste ainsi fidèle à ce qu’il a appris à la fin des années 1990 : des textes, du sens, des messages, du flow et surtout du partage.